Comprendre l'autisme

Comprendre l'autisme (9)

Autisme : l'environnement aussi important que la génétique

Dans l’autisme, les causes génétiques ne sont pas aussi importantes qu’on le pensait : elles n’expliquent que la moitié du risque. L’environnement fait le reste.

Il ne fait aucun doute que les personnes avec autisme éprouvent des sentiments. Elles ne sont pas insensibles et manifestent leurs émotions. Elles veulent établir un contact émotionnel avec les autres. On peut donc parler de motivation émotionnelle.

Les personnes avec autisme éprouvent des sentiments tout comme nous, mais la manière dont elles les expriment est différente. Les parents arrivent à comprendre les émotions de leur enfant mais pour l’entourage, c’est souvent plus difficile.

Hypersensible ?

Les personnes avec autisme expriment souvent leurs sentiments de manière extrême. Elles vont avoir des fous rires, des réactions de panique ou des accès de colère et ce, à tout âge. On remarque aussi souvent des changements d’humeur importants : passer de la colère au fou rire par exemple. C’est comme s’il n’y avait pas de frein à l’expression de leurs sentiments. C’est peut être aussi l’expression d’une hypersensibilité...

Les personnes avec autisme ont des difficultés à prendre de la distance par rapport aux événements. Or, cette distance est nécessaire pour relativiser les choses. Elles vont être absorbées pleinement par ce qu’elles vivent et par leurs émotions. Si elles sont fâchées, elles seront vraiment fâchées et fermées à leur entourage. Elles éprouvent des difficultés à contrôler leurs sentiments et peuvent en arriver à une manifestation extrême de ceux-ci.

Nous avons l’habitude de contrôler nos sentiments afin de ne pas nous faire remarquer, de ne pas avoir l’air ridicule, de rester courtois, bref, d’avoir un comportement social acceptable. Par contre, les personnes avec autisme ont moins de motivation sociale et par conséquent, elles sont plus ‘entières’ dans leurs réactions.

Pas de comédie émotionnelle. Un avantage ?

La compréhension sociale ou la capacité à tempérer les émotions extrêmes fait défaut chez les personnes avec autisme. Nous pouvons cependant considérer ce déficit de façon positive. Comme les personnes avec autisme ne contrôlent pas et ne tempèrent pas leurs émotions, elles se montrent très droites et directes dans l’expression de leurs sentiments.

Leur communication émotionnelle est, en général, foncièrement honnête.

Insensible ?

Les personnes avec autisme peuvent parfois paraître insensibles. C’est négliger une notion importante : elles doivent déployer tant d’énergie pour comprendre intellectuellement ce qu’il leur arrive, qu’elles ont du mal à traiter l’aspect émotionnel des choses. En réalité, elles manifestent leurs émotions quand elles ont compris les situations de manière purement intellectuelle, et parfois avec du retard. Il arrive qu’un enfant réagisse le soir à la maison à un fait qui s’est déroulé le matin à l’école.
Il semble que ressentir et penser simultanément soit compliqué pour les personnes avec autisme. Soit, elles ressentent et sont alors submergées par des émotions qu’elles n’arrivent pas à relativiser, soit elles pensent et n’ont donc aucun espace pour expérimenter les sentiments qui en découlent.

Sentiments négatifs

Les parents signalent régulièrement que leur enfant manifeste davantage de sentiments négatifs que positifs. Il y a probablement deux explications à cela :

  • nous exprimons très souvent des sentiments positifs en fonction des autres. Nous voulons leur faire partager notre joie, notre fierté, etc... A l’inverse, nous exprimons des sentiments négatifs pour témoigner d’un besoin. Les personnes avec autisme communiquent en fonction de leurs propres besoins plutôt que pour faire plaisir aux autres. Le fait qu’elles montrent plus volontiers leurs sentiments négatifs est donc lié à une absence de motivation sociale et à la nécessité de répondre à leurs besoins ;
  • les personnes avec autisme manifestent plus de sentiments négatifs parce qu’elles vivent plus d’expériences négatives. Elles subissent bien plus de frustrations que les autres. Elles sont souvent exclues parce qu’incomprises et on attend beaucoup d’elles alors que leur environnement n’est pas adapté.

A retenir

Les personnes avec autisme ne manifestent pas seulement leurs sentiments d’une autre manière, elles expérimentent également le monde différemment. Leurs propres expériences font partie des choses les plus difficiles à comprendre.

La faculté d’empathie fait défaut aux personnes avec autisme. Comme elles sont submergées par leurs émotions, il est particulièrement difficile pour elles de tenir compte de la manière dont elles sont perçues par les autres.

Enfin, le monde interne des personnes avec autisme est traité différemment par le cerveau. La perception des sentiments peut être partielle ou extrême ce qui explique parfois un comportement mal adapté.

Source: Participate Autisme

Qu’est-ce que l’empathie ?

Il s’agit de la capacité à comprendre les sentiments des autres sans les vivre soi-même. Pour cela, il faut :

  • pouvoir adopter la perspective et le point de vue des autres ;
  • participer et comprendre leurs états d’âme ;
  • pouvoir réagir de manière émotionnellement adaptée.

Ces trois exigences sont plus difficiles à rencontrer pour les personnes avec autisme.

Elles éprouvent des difficultés à reconnaître les expressions émotionnelles des autres. Elles perçoivent moins le visage comme un ensemble et associent souvent les émotions aux détails de l’expression émotionnelle.

Il arrive parfois qu’une personne avec autisme manifeste bel et bien de la compassion (elle reconnaît un sentiment chez une autre personne), mais elle ne comprend pas pour autant ce que l’autre ressent.

Une encyclopédie de scénarios

L’empathie suppose de pouvoir compatir avec des personnes qui vivent quelque chose que vous n’avez jamais vécu. Les personnes avec autisme sans retard mental peuvent donner l’impression qu’elles sont capables d’empathie. Elles se raccrochent à leurs propres expériences pour réagir. Tant que l’autre ressent la même chose que ce qu’elles ont déjà ressenti dans la situation, elles réagissent de manière appropriée et apparaissent comme réellement empathiques. Leur manque d’empathie se fera sentir quand leur propre expérience sera différente. On pourrait dire qu’elles ont en tête une véritable bibliothèque de situations (scénarios) sur lesquelles elles s’appuient pour adapter leurs réactions.

L’intuition de l’esprit

Dans une situation de test (lors d’une évaluation, par exemple), il arrive souvent que les personnes avec autisme donnent les bonnes réponses aux questions qui sondent la théorie de l’esprit ou la prise de perspective. Cela ne signifie cependant pas qu’elles sont capables de se mettre à la place de l’autre dans des situations plus réelles. Une carte géographique d’une région et la région elle-même sont deux choses différentes. Il y a souvent un monde de différence entre théorie et réalité.

Pourquoi est-ce si difficile ?

  • Les personnes avec autisme ne semblent pas toujours identifier ce qui est important sur le plan social et émotionnel. Elles remarqueront que vous portez une autre paire de lunettes, mais ne verront probablement pas que vous n’êtes pas très heureux aujourd’hui.
  • Leur empathie ne se met pas toujours spontanément en branle. Nous voyons souvent qu’elles réagissent avec empathie quand on le leur suggère.
  • Les personnes avec autisme ont besoin d’un temps de réflexion assez conséquent pour se mettre à la place de quelqu’un d’autre.

L’incapacité à consoler

L’empathie se caractérise aussi par une réaction émotionnelle adaptée :

  • je reconnais (spontanément) l’expression triste de ton visage ;
  • je peux prendre part à ton chagrin et compatir avec toi ;
  • je réagis : je vais te consoler. 

Les personnes avec autisme ont parfois des réactions maladroites mais elles ne sont pas insensibles à la peine des autres. Quand elles ont compris que leur comportement pouvait susciter des émotions négatives par exemple, elles sont susceptibles d’exprimer leurs regrets et de compatir avec la personne.

Le manque de réactions empathiques peut aussi s’expliquer par les difficultés qu’elles ont à résoudre les problèmes. Quand une personne est confrontée à une situation difficile, elle va chercher une solution, surtout si elle y est encouragée. Mais les solutions qu’elle propose sont souvent peu adéquates, plutôt d’ordre logique et matériel.

A retenir

Pour les personnes avec autisme, témoigner de l’empathie est une démarche laborieuse. Elles ont besoin de plus de temps de réflexion et de plus d’informations que nous.

La reconnaissance des émotions et la prise de perspective sont des conditions nécessaires, mais elles ne suffisent pas. Pour manifester une réelle empathie, il faut également agir.

Elles éprouvent surtout des difficultés à identifier spontanément un problème et à trouver une solution socialement acceptable pour autrui.

Source: Participate Autisme

Les premières tentatives visant à déterminer les déficits primaires de l’autisme datent d’il y a 40 ans. Il est important de distinguer ces déficits primaires car ils peuvent non seulement indiquer la cause neurobiologique du syndrome mais aussi avoir des implications sur le diagnostic et le traitement. En effet, une véritable amélioration des troubles n’est envisageable que lorsqu’on a agi sur les déficits primaires.

La première théorie a été développée vers le milieu des années 80. Il s’agit de l’hypothèse d’un déficit dans la théorie de l’esprit (‘theory of mind’).

Hypothèse de la théorie de l’esprit

Cette théorie part de l‘idée selon laquelle les états mentaux d’une personne (ce qu’elle pense) ne sont pas directement observables mais doivent être déduits. Cette déduction nécessite un mécanisme cognitif. La capacité à imputer les états mentaux – tels que les intentions, les souhaits, les conceptions, les connaissances, etc. – à sa propre personne et à autrui est appelée théorie de l’esprit. On part du principe que cette capacité est perturbée chez les personnes qui ont de l’autisme.

Le test de Sally et Anne

Dans le test ‘Sally et Anne’, on montre deux poupées, ainsi qu’un panier et une boîte. Sally place une balle dans le panier – alors qu’Anne la regarde – et sort pour aller se promener. Entre-temps, Anne prend la balle et la place dans la boîte. On demande à l’enfant où Sally ira chercher la balle à son retour. Les enfants qui ont une théorie de l’esprit affirment que Sally n’ira pas regarder dans la boîte. Sally ne peut effectivement pas savoir que la balle a été déplacée. Les enfants qui n’ont pas encore de théorie de l’esprit disent que la balle se trouve dans la boîte. C’est l’image qu’ils en ont. Quatre-vingt pour cent des enfants avec autisme échouent à ce test.

Le développement perturbé de cette capacité donnerait une explication aux problèmes que manifestent les enfants avec autisme en matière de prise de perspective (se mettre à la place de l’autre), de pragmatisme (savoir que dire, comment le dire et quand le dire), d’empathie et d’autres aspects du développement social et du fonctionnement social.


Malgré le fait que cette théorie nous ait permis de mieux comprendre le phénomène, il convient de la nuancer quelque peu. Les opposants à cette théorie sont de plus en plus nombreux à émettre des réserves.

Il y a quatre constatations qui contredisent cette approche :

  • le déficit de théorie de l’esprit ne peut pas expliquer les problèmes socio-pragmatiques (notamment, les difficultés d’attention conjointe et d’imitation qui sont les précurseurs de la théorie de l’esprit) que rapportent les parents de ces enfants avant l’âge de 3 ans et/ou les parents d’enfants présentant un niveau de développement inférieur à celui auquel se manifeste normalement la compréhension socio-cognitive ;
  • certaines personnes qui ont de l’autisme réussissent des tâches liées à la théorie de l’esprit, tout en manifestant de sérieux problèmes socio-communicatifs ;
  • de plus, cette théorie est non spécifique à l’autisme puisque des personnes présentant un autre handicap, comme la surdité, la déficience intellectuelle ou la schizophrénie ont également ces difficultés ;
  • enfin, la théorie n’explique pas vraiment la rigidité et les conduites stéréotypées qui sont des symptômes de l’autisme.

Les fonctions exécutives

Les fonctions exécutives ou les fonctions de contrôle sont des mécanismes cruciaux pour la planification des actions et la résolution adéquate d’un problème. Elles comprennent notamment la capacité à planifier étape par étape, le contrôle des impulsions, l’inhibition des réponses erronées, l’adaptation de stratégies, la faculté de pouvoir chercher des solutions de manière organisée et le contrôle de soi. Des déficits dans ces capacités ont été décelés tant chez les adultes que chez les enfants avec autisme. Cette théorie des déficits des fonctions exécutives a également ses limites :

  • les troubles des fonctions exécutives sont aussi signalés dans de nombreux groupes cliniques, et tout particulièrement dans les troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ; 
  • d’autre part, les problèmes relatifs aux fonctions exécutives peuvent varier d’une personne à l’autre ; 
  • il y a probablement des personnes avec autisme qui ne présentent aucun problème manifeste à ce sujet, tout au moins en situations de test.

Le manque de cohérence centrale

Les individus ayant un développement ordinaire ont tendance à interpréter les stimuli de manière globale, en tenant compte du contexte. En revanche, les personnes avec autisme ont davantage tendance à voir le monde de façon fragmentée. Elles établissent moins vite une cohérence dans ce qu’elles observent. En raison du manque de cohérence centrale, elles perçoivent le monde comme un chaos. Ces personnes cherchent la sécurité dans des actes répétitifs et sont en quête de routines et de structures. Elles s’en tiennent à ce qu’elles connaissent et sont réticentes aux changements. Elles ont également des difficultés à transposer dans une nouvelle situation ce qu’elles ont appris dans une autre situation.

Cette théorie est intéressante dans la mesure où elle ne met pas seulement l’accent sur les difficultés des personnes avec autisme mais aussi sur leurs capacités égales voire supérieures parfois, aux personnes ordinaires. On peut, par exemple, expliquer les bons résultats d’enfants avec autisme à certains tests dans les échelles d’intelligence.

A retenir

Différentes théories nous ont permis de mieux comprendre le processus de pensée des personnes ayant de l’autisme.

À l’heure actuelle, aucune théorie n’est universelle et spécifique et ne parvient à expliquer tous les symptômes du syndrome.

Il semble plutôt que nous ayons affaire à un ensemble de déficits cognitifs.

La cécité contextuelle

Pour la plupart d'entre nous, l'observation est un processus au cours duquel nous construisons activement une signification. Le contexte joue un rôle majeur dans ce processus : nous donnons une signification aux détails sur base de leur cohérence mutuelle et du contexte dans lequel ils s’inscrivent.

Le monde, avec ses différentes significations en constante évolution, est très confus pour les personnes avec autisme. Elles ont du mal à donner du sens en tenant compte du contexte. C’est pourquoi, bien souvent, elles comprennent les choses différemment ou de manière erronée.


Comprendre le comportement à partir du contexte observable

Il existe deux types de contexte : le contexte observable et le contexte non observable. Le contexte observable est la situation donnée, tout ce qui est visible, audible ou palpable et qui influence la signification d’une obser vation spécifique. La main levée d’un homme en uniforme portant un képi à un carrefour n’a pas la même signification qu’une main levée d’un élève dans une classe.

Le contexte non observable est tout ce que l’on doit imaginer dans une situation spécifique.

Les personnes avec autisme éprouvent des difficultés à comprendre ces deux types de contexte, mais surtout le contexte non observable en raison de leur imagination défaillante.

La cécité contextuelle et les difficultés dans les rapports avec autrui

Dans l’autisme, ce sont les déficits sociaux qui se remarquent le plus parce que donner une signification aux comportements humains nécessite une prise en compte importante du contexte. Ainsi, une larme exprime parfois la tristesse, parfois la douleur, parfois la joie et même parfois le fait que l’on prépare de la soupe à l’oignon.

Pour comprendre le comportement des autres, les personnes doivent aller au-delà des détails concrets et visibles. Pour un cerveau qui comprend de manière littérale, une larme n’est rien de plus qu’une goutte d’eau.

Ce qui complique encore la compréhension du comportement humain, c’est qu’il ne faut pas uniquement tenir compte du contexte explicite et observable (comme les pelures d’oignon, un sourire, ce que nous entendons dire par la personne), mais aussi du contexte implicite et pas concrètement observable :

’intérieur de l’individu (ses sentiments, ses idées, ses attentes). Tenir compte de ce contexte implicite nécessite de l’imagination, la capacité de voir des éléments invisibles, d’entendre des choses inaudibles. Cette imagination fait en grande partie défaut aux personnes avec autisme et c’est pour cette raison qu’il est si difficile pour elles, par exemple, de voir le chagrin ou la joie ‘derrière’ les larmes.

La cécité contextuelle et les difficultés de la communication

Le contexte joue également un rôle important dans la communication humaine. La signification de ce que disent les individus dépend du contexte. Il pleut des cordes pour la onzième journée d’affilée et quelqu’un dit “quel beau temps aujourd’hui !”. Dans ce contexte, cela ne veut pas dire la même chose que quand il fait beau depuis plusieurs jours. Pour les enfants présentant de l’autisme, prononcer cette phrase en cas de mauvais temps est complètement absurde et incompréhensible. Ceux qui éprouvent des difficultés à tenir compte du contexte comprennent la langue de façon très littérale.

En matière de communication, les enfants avec autisme ont non seulement des problèmes avec ce qui est dit, mais surtout, avec ce qui n’est pas dit.

Lisez par exemple les deux phrases suivantes : Leen a ouvert la porte et a vu que Jumper n’était plus dans sa cage. Elle s’est mise à courir en pleurant chez sa maman qui lui a dit qu’il n’avait pas pu voler bien loin et qu’il allait revenir.

Bien que ça ne soit pas mentionné explicitement, vous ‘savez’ que Leen est un enfant (et pas un adulte), une petite fille (et pas un garçon), que Jumper est un oiseau (et pas un chat), que Leen est triste (et non joyeuse) et que revenir signifie revenir dans sa cage (et pas revenir en Australie). Vous connaissez ces éléments parce que vous avez ajouté des informations à ce qui était écrit au sens littéral. Votre imagination vous a permis de construire un contexte, un tout cohérent qui n’était pas donné, autour de ces deux phrases.

La cécité contextuelle et le manque de flexibilité

La cécité contextuelle est également responsable du manque de flexibilité dans le comportement des personnes avec autisme. Elles s’attachent à certaines habitudes ou à certains comportements, même si ce n’est pas adapté ou nécessaire dans un contexte donné.
Les problèmes de généralisation (l’application de ce que l’on a appris dans plusieurs situations différentes) sont une autre conséquence de la ‘cécité contextuelle’.

A retenir

Le contexte donne la signification à ce que nous percevons.

La cécité contextuelle n’est rien d’autre qu’une forme de cécité mentale (ne pas voir se qui se passe dans l’esprit d’autrui).

Sans ce contexte — l’univers social et les intentions qui se cachent derrière les mots –, la communication est souvent incompréhensible, confuse et même parfois angoissante.

En raison de sa cécité contextuelle, votre enfant ne comprend pas les choses, les personnes et les situations comme les autres enfants. L’éducation d’un enfant avec autisme nécessite plus d’explications et de clarifications des significations correctes que l’éducation d’un enfant sans difficulté.

Source: Participate Autisme

Vous venez d’apprendre que votre enfant a de l’autisme. Que faire à présent ? Comment réagir ? En essayant de comprendre l’autisme ‘de l’intérieur’, vous découvrirez d’où provient son comportement et de cette façon, vous pourrez l’accompagner.

La partie visible de l’iceberg

Le comportement d’une personne présentant de l’autisme peut être comparé à la partie visible d’un iceberg : les symptômes sont apparents, mais la partie la plus importante de l’iceberg est invisible.

L’autisme et la communication

Pourquoi communiquons-nous ?

Le problème le plus important chez les personnes avec autisme n’est pas le comment, mais bien le pourquoi de la communication. Nous communiquons pour refuser, pour demander des choses, des informations ou de l’attention, pour donner un commentaire ou une information ou pour parler de nos sentiments. Notre communication a donc une fonction déterminée. 

Pour les personnes avec autisme, la communication ne va pas de soi. Elles peuvent, par exemple, nommer toutes sortes d’images, posséder un vocabulaire étendu, mais ne pas savoir l’utiliser à bon escient. Ainsi, elles seront capables de dire ‘pomme’ en voyant son image mais ne sauront pas pour autant en réclamer une. Le problème majeur n’est donc pas l’absence de parole mais le développement difficile de leur communication. 

Pourquoi une communication si difficile ?

Une manière particulière de communiquer

En général, les enfants sentent intuitivement que leur maman viendra les consoler s’ils pleurent. Les enfants avec autisme ne découvrent pas toujours par eux-mêmes qu’ils peuvent influencer leur entourage grâce à la communication.

Les bébés et les tout-petits qui ont de l’autisme développent souvent une manière inhabituelle, bien à eux, de communiquer. Quand Bert dit ‘Dig-dig-dig’, sa maman sait qu’il est très content. Quand Liesje se met à reculer, c’est qu’elle est fâchée.

Une perception littérale

De nombreux enfants avec autisme sont focalisés sur leurs perceptions immédiates. Dans ce cas, ils décodent au premier degré ; la signification sous-jacente des choses est plus difficile à comprendre. Ils éprouvent aussi des difficultés dans le langage verbal, car les mots sont abstraits (la signification ne se trouve pas dans la perception), on ne les voit pas et en plus, ils disparaissent aussitôt énoncés.

Des associations concrètes

Quand Jan a mal, il dit : “Il n’a pas vu la marche”. Ce sont les mots qu’il a entendus dire par son papa quand il est tombé dans l’escalier. Il lie la douleur qu’il ressent à ces mots et les répète quand il ne se sent pas bien. C’est très typique chez les enfants présentant de l’autisme : ils font souvent des associations concrètes et leur donnent ainsi leur propre signification. Les parents sont souvent les seuls à comprendre la communication de leurs enfants mais il est important que leurs enfants puissent également communiquer avec d’autres personnes. La communication doit pouvoir être comprise par tout un chacun. 

Echolalie

L’écholalie est la répétition littérale de mots et de phrases sans nécessairement les comprendre complètement. C’est le mode d’expression d’un enfant qui a une bonne mémoire, mais qui n’a pas encore développé la capacité à y donner un sens. L’écholalie apparaît également dans le développement normal des enfants, entre 18 et 36 mois, mais ce comportement se manifeste à un âge de développement plus élevé chez les enfants ayant de l’autisme.

Des problèmes avec le langage figuré

Les personnes avec autisme éprouvent des difficultés avec la diversité du langage. Elles peuvent difficilement l’adapter à différents contextes sociaux et ne comprennent pas toujours le langage figuré (par exemple dans certaines expressions comme ‘la nuit tombe’, ou ‘avoir mangé du lion’).

Des problèmes liés au contexte

Les personnes avec autisme ont des problèmes particuliers de généralisation qui sont à attribuer à leur manière de penser ‘en détail’ : elles pensent que les mots ou les aptitudes sont liés à certaines personnes, situations ou détails. Elles associent les mots, les images ou les objets qu’elles apprennent à utiliser dans le local de logopédie au logopède, au local lui-même ou à ce qu’il contient, une table verte, par exemple.

L’autisme et l’interaction sociale

En règle générale, les enfants semblent naître avec un instinct social. Ils regardent plus précocement et plus intensément les êtres humains que les objets. Il leur suffit d’un soutien extérieur minime pour apprendre à comprendre ce langage si difficile qu’est celui des yeux, des visages, des mains et des corps. 

Les personnes avec autisme ont, par contre, des difficultés à décoder le comportement social. La spontanéité et l’intuition dans l’interaction sont souvent particulières ou même absentes chez les bébés et les jeunes enfants avec autisme.

Pourquoi des difficultés dans les relations sociales ?

Des problèmes liés au contexte

Les problèmes liés au contexte peuvent donner lieu à des situations difficiles. Les enfants avec autisme essayent de trouver leurs propres marques dans un monde qui leur semble chaotique et généralisent difficilement d’un contexte à un autre. Ils peuvent, par exemple, jouer avec des légos en classe et ne jamais le faire à la maison. Ils parlent avec leur maman, mais pas avec l’institutrice.

Le déchiffrage des symboles sociaux

Pour les personnes avec autisme, le comportement social est encore plus difficile à comprendre que les symboles de la communication. Les situations ne sont jamais tout à fait identiques et c’est précisément ce qui doit être terrifiant pour une personne qui aimerait que le monde ne change pas beaucoup…
Chez les personnes avec autisme (avec ou sans déficience intellectuelle), le décodage du langage et du comportement social n’est pas aussi automatique que chez les personnes ordinaires.

L’autisme et les comportements particuliers

Pourquoi les enfants avec autisme ne jouent-ils pas comme les autres enfants ?

Les enfants avec autisme ne jouent pas comme les autres enfants. On ne peut toutefois pas parler de comportement ludique propre à l’autisme. Certains d’entre eux n’ont aucune fantaisie ou imagination et d’autres, par contre, jouent un rôle (un prince, par exemple) dont ils ont du mal à se défaire. De nombreuses variations prennent place entre ces deux extrêmes.

Pour pouvoir jouer avec d’autres enfants, il faut communiquer et comprendre les règles (abstraites) du comportement social. Les personnes avec autisme ont une capacité d’imagination différente. Elles éprouvent des difficultés à aller au-delà de la communication, du comportement social et de la symbolique qu’elles observent et à y donner du sens.

Ainsi, c’est pendant la phase de développement du jeu symbolique ou de ‘faire semblant’ que les difficultés des enfants avec autisme apparaissent clairement. Certains peuvent apprendre ces jeux, mais ce n’est pas aussi évident que chez les enfants ordinaires. Lors d’un jeu symbolique, il convient de dépasser la signification littérale. Par exemple, un cube devient une voiture et papa un cheval. La véranda dévient une école et la table de la cuisine un hôpital pour poupées… Il est difficile pour les enfants avec autisme de faire semblant, à moins qu’ils ne l’aient appris ou copié.

Les enfants qui ont de l’autisme éprouvent parfois des difficultés dans cette phase pour distinguer la fantaisie de la réalité. Ils croient littéralement ce qu’ils entendent dans les contes ou imitent ce qu’ils ont vu dans des films.

Certains d’entre eux ont un véritable don d’imitation. Ils imitent le jeu des autres enfants jusque dans les moindres détails mais l’imitation et la création sont deux choses différentes !

Certains enfants ayant de l’autisme jouent, mais avec des jeux bien plus évidents pour eux, comme les Lego Technics. D’autres enfants peuvent passer des heures à lire sagement des livres sur les planètes ou les dinosaures.

Pourquoi ne jouent-ils pas facilement avec les autres ?

Les camarades peuvent être très imprévisibles aux yeux des enfants avec autisme. Or, ces derniers éprouvent des difficultés dans le monde qui leur semble chaotique. Ils essayent de mettre de l’ordre dans ce flot de stimuli. Ils veulent, par exemple, que les objets aient une place fixe : les chaises bien rangées sous la table, le petit tapis à côté de la table du salon, une table gigogne sous le téléviseur, etc. Ce besoin de repères est appelé la résistance au changement. Ils préfèrent les activités prévisibles aux relations sociales parfois déroutantes...

Pourquoi les personnes avec autisme présentent-elles des comportements stéréotypés ?

Les personnes avec autisme vivent souvent dans une grande insécurité, surtout sur le plan social, et le fait de poser des questions dont elles connaissent la réponse les soulage. D’autres essayent de créer de la prévisibilité en faisant des choses dont l’effet est attendu : allumer et éteindre la lumière, faire rouler des billes des heures durant par terre, etc. Cela leur procure un réconfort dans un monde trop compliqué.

Si vous essayez de comprendre l’autisme de l’intérieur, vous verrez alors que derrière ce comportement, soidisant bizarre, se cache souvent une recherche de sens – sens qui pour nous est accessible automatiquement. Il se peut aussi que votre enfant se protége d’un excès de significations, comme c’est le cas lors des situations sociales trop compliquées.

A retenir

La cause du comportement d’une personne avec autisme n’est pas toujours facile à comprendre. Dans l’autisme, il peut y avoir des problèmes à 3 niveaux que sont la perception, le traitement de l’information et l’attribution de sens.

Il n’est pas toujours simple d’appréhender soi-même la manière de penser des personnes avec autisme.
Les parents sont parfois les seuls à bien comprendre la communication de leur enfant. Toutefois, il est important que les enfants puissent aussi communiquer avec d’autres personnes.

Pour les personnes avec autisme, l’information sociale est très difficile à décoder.

Source: Participate Autisme

L’autisme est un trouble sévère du développement de l’enfant. Il apparaît avant l’âge de 3 ans. Il touche quatre fois plus les garçons que les filles. Le taux de prévalence de la population des autistes dans le monde est, actuellement, de 1 naissance sur 150. Le DSM IV ( Diagnostic and statistical of mental disorders ) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) repris dans l’ICD-10 (International Classification des Maladies, 10ème version) s’accordent pour définir l’autisme comme un trouble envahissant du développement avec principalement :

  • Une altération qualitative des interactions sociales
  • Une altération qualitative de la communication verbale/non verbale, et de l’imagination
  • Un caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, intérêts et activités

L'autisme est associé à un retard mental dans 75% des cas. Il n’est plus considéré comme un trouble psycho-affectif, mais comme une véritable pathologie neuro-développementale liée à des anomalies du développement du cerveau et de troubles biologiques. Certaines personnes sont remarquablement douées dans un domaine précis : mémoire des chiffres, musique, dessin, puzzle, etc. Les personnes atteintes gravement ne parlent pas, ont des difficultés motrices, sont sujettes à des troubles du comportement plus ou moins graves et parfois s'automutilent. Les troubles du comportement sont la cause principale d'exclusion des structures scolaires et sociales.

Contrairement aux idées reçues, ces troubles peuvent être traités efficacement. Les quelques familles qui ont pu bousculer les choses ont préféré créer leurs propres associations pour prendre leurs enfants en charge. Depuis, les associations pour enfants autistes ont commencé à voir leur nombre augmenter. Chacune travaille de son côté, avec ses moyens du bord. Les revendications en ce qui concerne le problème du diagnostic, des modalités de prise en charge, du suivi thérapeutique, de l’accompagnement pluridisciplinaire entre autres, commencent à se faire entendre. Le véritable démarrage de la prise en compte de la problématique de l’autisme au niveau national a été lancé avec la proclamation de l’Année de l’autisme à l’occasion du séminaire national sur le dépistage et le diagnostic précoces, organisé par le Secrétariat d’Etat chargé de la famille, de l’Enfance et des Personnes Handicapées, le 4 décembre 2004.

Définir l’autisme

Les difficultés de l'autisme peuvent être classées en trois catégories : les relations sociales, la communication et l’imagination. C’est ce que l’on appelle la triade. Ces caractéristiques peuvent apparaître sous différentes combinaisons et avec une intensité variable. Par conséquent, les personnes qui ont de l’autisme sont très différentes les unes des autres.


Les relations sociales:

Le problème principal est un manque de réciprocité dans les relations sociales, par exemple :

  • dès le plus jeune âge, certains enfants ont des difficultés à établir le contact visuel ;
  • ils ne tendent pas les bras vers leurs parents pour être pris ;
  • certains sont des bébés très calmes qui semblent n’avoir besoin de rien ;
  • ces enfants ont souvent un visage peu expressif, ils font peu de mimiques ou de gestes pour essayer d’entrer en contact ;
  • enfants, ils préfèrent jouer seuls ou bien, ils se montrent dominants envers les enfants de leur âge ;
  • ils ne partagent pas leurs intérêts et leurs plaisirs avec les autres.

La communication:

Dans l’autisme, c’est d’abord le processus de communication qui est perturbé, mais aussi les moyens de communication ou la manière dont on communique. On dit que la moitié des personnes avec autisme ne parlent pas et ne compensent malheureusement pas, ou de manière limitée, par d’autres moyens non verbaux de communication (mimiques, gestes, objets, etc.). Lorsque le langage est présent, il n’est pas souvent utilisé pour réellement communiquer. Ces personnes manifestent nombre de particularités ou problèmes :

  • elles présentent de l’écholalie : elles répètent des sons, des mots ou des phrases qu’elles ont par exemple entendus dans un dessin animé ;
  • elles confondent les pronoms personnels (‘tu’ à la place de ‘je’) ;
  • elles sont obsédées par un sujet (leur intérêt particulier) ;
  • elles communiquent de manière unilatérale, c’est-à-dire qu’elles ne cherchent pas ou n’attendent pas de réponse en retour quand elles parlent ;
  • leur compréhension du langage est, elle aussi, particulière. Elles prennent souvent le langage au pied de la lettre.

L’imagination et les intérêts Les personnes avec autisme fonctionnent souvent d’une manière très rigide et ont la plupart du temps des intérêts limités. Cela peut prendre les formes suivantes : 

  • elles présentent des stéréotypies motrices comme tourner sur elles-même ou se balancer ; 
  • elles ont des préoccupations répétitives comme reproduire toujours les mêmes gestes ; 
  • elles ont des routines comme faire les choses dans un certain ordre et des rituels comme toujours prendre le même chemin pour atteindre une destination donnée ; 
  • elles peuvent aussi être très attachées aux choses qui, pour nous, ont peu de valeur comme des ficelles, des morceaux de papier, etc. ; 
  • les personnes les plus douées peuvent développer une passion pour certains sujets, comme les voitures ou les horaires de trains ; 
  • les enfants avec autisme ont souvent leur propre manière de jouer. Ils n’utilisent pas forcément un jeu ou un objet pour l’usage prévu. On parle alors de jeu non fonctionnel ; 
  • certains peuvent passer des heures à ranger des objets dans un ordre déterminé ;
  • les personnes avec autisme éprouvent un besoin de répétition et sont résistantes aux changements. Chaque changement peut être source d’angoisse et de confusion.

Ces stéréotypies ou ces intérêts particuliers peuvent limiter leurs contacts avec le monde environnant. Par contre, ils leur permettent de s’assurer une structure et de retrouver les choses qu’elles connaissent

A retenir

Chez les personnes avec autisme, les aptitudes sociales et la communication sont perturbées mais elles sont présentes. C’est la qualité du contact social qui est touchée et, parallèlement, la qualité de la communication. On dit qu’elles sont particulières ou déviantes.

Les difficultés se situent aussi bien sur le plan expressif (l’expression) que sur le plan réceptif (la compréhension). Autrement dit, les personnes ont des difficultés à établir le contact avec autrui ou à s’exprimer, mais il leur est tout aussi difficile de comprendre les relations sociales et la communication des autres à leur encontre.

Les intérêts, même s’ils sont restreints, peuvent pourtant varier très fort d’une personne à une autre tant en ce qui concerne les comportements moteurs stéréotypés que les routines ou les intérêts plus cognitifs. Ces intérêts peuvent également varier au cours de la vie.

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